Alors que la guerre commerciale s'intensifie, les fabricants canadiens sont confrontés à l'incertitude et à des retards d'investissement, souligne le Canadian Manufacturing Magazine. Nombreux sont ceux qui demandent au gouvernement canadien de les aider à ouvrir de nouveaux corridors commerciaux, à réduire les barrières à l'intérieur du pays et à reconsidérer les droits de douane réciproques qui visent les États-Unis.
Ron Harper, PDG de JFE Shoji Power Canada, a souligné l'importance de procéder à des ajustements prudents de la politique commerciale, suggérant qu'une approche plus ciblée est nécessaire pour éviter les effets négatifs involontaires, en particulier dans les secteurs sensibles tels que l'acier et les produits manufacturés. De même, Lauren Sevack, de Tripar Inc., a fait remarquer que les droits de douane de 25 % sur les importations américaines mettent les fabricants canadiens dans une situation difficile, car ils sont souvent contraints d'absorber les coûts accrus pour aider leurs clients à éviter des hausses de prix encore plus importantes.
Interrogés sur la diversification des échanges commerciaux en dehors des États-Unis, M. Harper et Ken Brooks, associé chez EY Orenda Corporate Finance, ont tous deux reconnu le défi à relever. Les États-Unis sont un partenaire commercial essentiel, les fabricants canadiens étant fortement impliqués dans la fourniture de pièces et de composants aux industries américaines. M. Brooks a souligné que si la diversification est un objectif à long terme, la proximité du Canada avec un marché aussi important fait qu'il est difficile de s'éloigner de cette relation clé.
En outre, les fabricants canadiens se sont forgé une solide réputation en offrant des produits spécialisés et des délais d'exécution rapides, ce qui les différencie de leurs concurrents plus importants qui produisent en masse. Il s'agit là d'un atout précieux, en particulier lorsqu'il s'agit de servir les clients américains qui ont besoin de composants personnalisés et à valeur ajoutée.
Toutefois, les droits de douane actuels, en particulier ceux sur les dérivés de l'acier, créent des obstacles supplémentaires pour les petites entreprises. M. Sevack a fait remarquer que ces difficultés ne perturbent pas seulement les opérations quotidiennes, mais ralentissent également la croissance et l'innovation à long terme, car les entreprises sont obligées de se concentrer sur la navigation dans le paysage tarifaire. Malgré ces difficultés, les fabricants canadiens vont de l'avant et tirent parti de leurs atouts uniques pour conserver leur importance sur le marché américain.

