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Les secteurs de l'agroalimentaire et de la machinerie agricole s'inquiètent de l'arrivée des véhicules électriques au Canada

Alors que le Canada intensifie ses investissements dans les secteurs des véhicules électriques (VE) et de la fabrication de batteries, la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI) avertit que ce changement de politique pourrait avoir de graves conséquences imprévues, en particulier pour l'agriculture et les secteurs de la machinerie qui la soutiennent.

Dans une lettre adressée récemment aux ministres Kody Blois (Agriculture), Dominic LeBlanc (Commerce) et François-Philippe Champagne (Finances), la FCEI souligne que les subventions aux VE et les politiques tarifaires désavantagent les entreprises agroalimentaires canadiennes, surtout à la lumière des tarifs douaniers de rétorsion imposés par la Chine. Ceux-ci comprennent des tarifs de 100 % sur l'huile de canola et les pois canadiens et de 25 % sur le porc et les fruits de mer, ce qui a un impact direct sur les producteurs et la chaîne de valeur agricole dans son ensemble.

Pour le secteur agroalimentaire canadien, qui dépend fortement de machines spécialisées pour tout ce qui va de la plantation à la transformation, ces perturbations ne sont pas seulement économiques, mais aussi opérationnelles. De nombreuses petites et moyennes entreprises (PME) du secteur agricole, notamment celles qui construisent et exportent des équipements de récolte, de mouture et de transformation des aliments, sont mises à mal par les barrières commerciales qui réduisent la demande et augmentent l'incertitude.

"Si le soutien à la production nationale de VE est une stratégie tournée vers l'avenir, il reste à savoir si la priorité accordée aux subventions aux multinationales - dont beaucoup suspendent leurs investissements - est la meilleure voie à suivre, en particulier lorsque nos secteurs de l'agriculture et de la machinerie subissent les dommages collatéraux d'une guerre commerciale", note la FCEI.

Alors que plus de 62 milliards de dollars ont été promis aux grands constructeurs automobiles, la FCEI estime que ces fonds pourraient être répartis plus équitablement entre les différents secteurs, en particulier pour les fabricants canadiens de machines essentielles à la sécurité alimentaire et aux économies rurales. Bon nombre de ces entreprises fonctionnent avec des marges étroites et dépendent de marchés d'exportation comme la Chine, où les nouveaux tarifs douaniers érodent maintenant la compétitivité.

Lors d'un récent sondage, 35 % des entreprises agricoles membres de la FCEI ont indiqué que les tarifs douaniers chinois nuisaient déjà à leurs résultats. Au-delà du commerce, les entreprises ont également exprimé leur frustration face aux défis nationaux : 80 % d'entre elles souhaitent une réduction des coûts liés à la réglementation et 79 % réclament un allègement fiscal, deux facteurs qui ont une incidence sur les fabricants de machines et les agro-industries.

La FCEI représente plus de 100 000 PME, dont plus de 5 200 dans l'agriculture, un secteur qui dépend de plus en plus de l'équipement agricole de précision, de l'automatisation et des solutions de transformation durables. Ces technologies, souvent développées par la base manufacturière du Canada, sont menacées lorsque l'accès au commerce mondial est perturbé.

"Le gouvernement doit recentrer son attention sur le soutien de l'épine dorsale agro-industrielle du Canada ", déclare Jasmin Guénette, vice-président des affaires nationales de la FCEI. "Un secteur agricole sain dépend d'un secteur de la machinerie sain, et ces deux secteurs doivent être protégés dans le cadre de toute stratégie industrielle

Alors que les décideurs politiques continuent de façonner l'avenir industriel vert du Canada, les chefs de file de l'industrie réclament une approche plus holistique, qui concilie l'innovation d'EV avec les besoins essentiels des secteurs canadiens de l'agriculture et de la machinerie.